Les inégalités sociales face à la mort

La mortalité humaine est étudiée par les statisticiens et synthétisée dans les tables de mortalité. Plusieurs facteurs entrent en jeux pour caractériser la mortalité d’une personne. Je me focalise sur la catégorie socio-professionnelle dans cette étude.

La mortalité est différente selon la catégorie socio professionnelle

Nous ne sommes pas tous égaux face à la mort.

La catégorie socio professionnelle (CSP) est l’un des facteurs explicatifs d’un décès prématuré (ou tardif).

Nous pouvons facilement comprendre qu’un ouvrier ayant un travail physique et pénible est susceptible de contracter plus de maladies chroniques (responsable de 63% des décès en France) qu’un cadre d’entreprise.

En revanche, il est délicat de quantifier les écarts de mortalité entre les différentes populations de CSP.

L’INSEE a publié en 2011 une étude intitulée « Les études sociales face à la mort » dans laquelle N. Blanpain et O. Chardon réalisent une étude quantitative sur la mortalité par catégorie socio professionnelle. Par la suite, les auteurs ont construit une table de mortalité par CSP.

Résumé de « Les études sociales face à la mort »

Contexte de l’étude

Classiquement, les tables de mortalité n’ont pas une segmentation très fine. L’INSEE publie ses tables de mortalité par âge et par sexe à partir d’études réalisées sur les états civils.

Pour avoir plus de précisions sur les individus décédés, l’INSEE a utilisé un panel appelé l’Échantillon Démographique Permanent (EDP) qui représente 1% de la population.

Liste des CSP

La population professionnelle est segmentée en 7 catégories socio professionnelles :

  1. Agriculteur ;
  2. Artisan, commerçant ;
  3. Cadre et profession intellectuelle supérieure ;
  4. Profession intermédiaire ;
  5. Employé ;
  6. Ouvrier ;
  7. Inactif non retraité.

Résultats : espérances de vie

L’étude fournie deux tableaux, le premier pour les espérances de vie résiduelles à 35 ans et le second, celles à 60 ans. Chaque CSP est segmentée par sexe et par période d’étude (76-84 : de 1976 à 1984, 83-91 : de 1983 à 1991 etc.)

Espérance de vie 30 ans par CSP

Espérance de vie 60 ans par CSP

Que ce soit pour n’importe quelle CSP, pour les hommes ou les femmes, pour les jeunes ou les moins jeunes, l’espérance de vie augmente sur les périodes d’observation plus récentes. Pour l’instant, rien de révolutionnaire, tout le monde admet que la durée de vie s’allonge.

En revanche, il peut être surprenant de constater qu’un cadre de 60 ans a une espérance de vie supérieure de 8 ans à celle d’un inactif du même âge. Un employé, lui, a une espérance de vie très proche de celle de l’ensemble de la population. C’est une triste réalité, les ouvriers et les inactifs vivent moins longtemps que la population moyenne.

Application au viager

Les résultats précédents sont surprenants dans la mesure où nous observons des écarts de mortalité non négligeables selon les catégories socio professionnelles.

Ces résultats ne seront pas exploitables en tant que tels pour l’évaluation des rentes viagères. En revanche, les tables de mortalités jointes à l’étude pourront être utilisées pour extrapoler les tables de référence (comme la TH TF ou la TGH TGF).

J’utilise cette table de mortalité dans le Calculateur de Vita Pecunia.

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